Vous connaissez sans doute la Viosne, cette rivière visible dans le jardin des Lavandières, qui longe la voie ferrée avant de se jeter dans l’Oise. Saviez-vous qu’elle traverse également le cœur du centre historique de Pontoise ? Partez à la découverte de cette rivière cachée.

Durant l’Antiquité, le village de Pontoise se situe à la confluence de l’Oise et de la Viosne. À partir du IXe siècle, en raison des incursions vikings, les Pontoisiens se réfugient sur l’éperon rocheux du mont Bé-lien. Si cet emplacement est plus adapté à la dé-fense, il est en revanche éloigné des cours d’eau, ce qui rend la vie quotidienne complexe. 
Ainsi, au milieu du XIIe siècle, la Viosne est divisée en deux depuis Osny. Le cours bas, toujours visible de nos jours, garde son cheminement naturel. Il est désormais nommé la Couleuvre. Le cours haut, qui conserve le nom de Viosne, est de son côté détourné par la rue des Etannets. Place Notre-Dame, la rivière est de nouveau divisée : une partie circule rue Pierre-Butin, tandis que l’autre longe la rue Carnot. 

Un cours très utile
Le cours haut n’est désormais plus visible, mais il a longtemps animé la vie de Pontoise. Huit moulins y sont aménagés durant l’époque médiévale, dont deux au 43, rue Pierre-Butin, à l’emplacement de l’ancienne annexe du tribunal. Dénommés à juste titre « Les moulins jumeaux », le premier sert alors à moudre le blé pour produire de la farine, tandis que le deuxième permet de broyer l’écorce de chêne pour fabriquer le tan, indispensable au tannage du cuir. D’autres anciens moulins, transformés en logements, sont toujours visibles sur le chemin du cours haut de la Viosne. Au 87, rue Pierre-Butin, on distingue en-core la fenêtre de meunier de l’ancien moulin de Bart. Le moulin Bouteillier, également dénommé moulin Bunon, est à découvrir au bout de la rue des Etannets, à deux pas du célèbre moulin de la Couleuvre qui lui, se situe sur le cours bas. 

C’est aussi grâce à ce cours d’eau traversant la ville fortifiée que deux couvents s’installent rue Basse au XVIIe siècle (actuelle rue Pierre-Butin). Le couvent des Ursulines, aujourd’hui disparu, et le Carmel au n°55 de la rue, profitent ainsi de la Viosne pour leurs besoins quotidiens. Au Carmel, le lavoir est toujours présent et on peut entendre le bruit de la Viosne dans la cour. Désormais, quand vous passerez par la rue des Etannets ou la rue Pierre-Butin, pensez à la Viosne qui circule sous vos pieds !  

La Viosne rue Carnot en 1868.

MAHPP, Musée Pissarro-Pontoise.

La Viosne, rue des Etannets.

Archives municipales, Pontoise.